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Sortir

by AudeMoreau

created by. Aude Moreau
location. montréal
keywords.

Aude Moreau - l’intervention Sortir – 2009

Description
Utilisant la fenestration de l’édifice de la Tour de la bourse à Montréal, le projet visait à mettre en lumière le mot « Sortir », en sélectionnant les fenêtres des bureaux qui resteraient allumées et celles qui seraient éteintes sur les dix derniers étages du bâtiment. D’une grande visibilité sur le territoire, cette apparition du langage dans le paysage urbain transformait momentanément la Tour de la Bourse en lieu Phare de la ville de Montréal. Infiltrant une architecture qui émet déjà son propre champ de visibilité dans l’espace urbain, l’intervention relayait ainsi l’invitation de la Nuit Blanche et de l’événement « Arts souterrains » de créer une rencontre avec le public en dehors des espaces de monstration traditionnellement réservé à l’art.


Démarche 
Le scintillement des lumières s’organise habituellement de façon aléatoire dans le paysage nocturne des grandes villes. Le désir de structurer cet espace pour y inscrire du langage renvoie à la propension d’organiser du sens à même le désordre du monde. D’un autre côté, cet aléatoire s’inscrit à même les structures qui organisent nos habitats. Sous cet angle, la lumière du bureau, la structure de l’édifice de la Tour de la Bourse, et celle de l’espace urbain qui la contient, référent aux contingences productives de leur construction. Dans ce contexte, l’apparition du mot SORTIR réfère davantage à une tentative de décloisonnement du cadre productif et fonctionnaliste de l’espace architectural et du vocabulaire économiste qui le régit. Cependant en infiltrant les lieux même du discours dominant, et non pas ses friches ou ses interstices, ce mot joue d’un double sens, qui en est la condition d’apparition. et dont il reste à évaluer la capacité à en rejouer le sens. Il joue sur l’axe du divertissement qui oriente toujours un peu plus l’évaluation des politiques culturelles et des publics, soit un rétrécissement de la place publique (politique), au profit de la privatisation de ses enjeux (le marché).

Cette intervention mobilise donc des considérations esthétiques qui font appel à la fois aux contingences pragmatiques de la production et à des questions aux ancrages conceptuels et anthropologiques. Construire en hauteur n’est pas du fait de notre époque. Cette persistance procède de différents systèmes de croyances, d’une fascination qui déjoue les lois de la gravité. Dieu n’est pas mort partout à la même époque. Aujourd’hui c’est en Asie et au Moyen-Orient que s’exportent les défis architecturaux de l’histoire moderniste occidentale. Mais qu’est-ce qui sous-tend l’adhésion à cette construction du monde en hauteur?

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